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charte des radios communautaires du Niger

PREAMBULE

Le paysage radiophonique nigérien comprend 3 secteurs : les radios du service public, qui sont sous contrôle de l’Etat, les radios privées, et les radios associatives sans but lucratif. Ces dernières constituent le tiers secteur. Regroupées au sein de la Coordination nationale des Radios communautaires du Niger (CN – RACOM), elles ont décidé de l’adoption de la présente Charte. Ce texte a pour vocation de les définir, de déterminer  leurs missions   leur fonctionnement. Cette charte s’inspire des textes internationaux et nationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies, de la déclaration des droits de l’enfant, adoptée par l’ONU le 20 novembre 1959, des textes sur les droits de la femme (les travaux de la conférence de Beijing et « la charte pour l’amélioration de l’image de la femme au Niger ») et des diverses Chartes des droits et devoirs des journalistes (Bordeaux, avril 1954, Congrès mondial d’Helsingor, Danemark, juin 1986, et le code d’éthique et de déontologie des journalistes nigériens). Les radios communautaires ou associatives du Niger ont bénéficié d’un début de reconnaissance grâce à un arrêté du ministère de l’Intérieur, qui date du 4 mai 2007. Elles ont un rapport de partenariat constant avec le Conseil Supérieur de la Communication du Niger.

DEFINITION

Article premier : La radio communautaire ou associative est une radio de proximité, sans but lucratif, au service de la population. Elle est attachée à la dignité humaine.

Article 2 : La radio communautaire ou associative est Indépendante sur le plan politique. Elle n’est sous l’emprise ni des autorités Gouvernementales, ni des autorités locales.

Article 3 : Elle respecte les convictions et l’expression religieuse mais n’est pas soumise à une quelconque autorité confessionnelle. Les religieux qui interviennent sur ces ondes doivent respecter la présente charte et ses exigences éthiques.

Article 4 : En association non lucrative, sa vocation n’est pas de faire des profits. Elle doit cependant disposer d’un financement suffisant pour assurer la pérennité de sa structure et la réalisation de ses missions, tout en conservant son indépendance financière. Elle refuse toute soumission aux puissances d’argent.

Article 5 : Son existence et ses missions ont été mentionnés dans  l’Ordonnance n°93-31 du 30 mars 1993 portant sur la communication audiovisuelle, en tant qu’organe de communication créé et géré par une communauté ou une association à laquelle elle appartient exclusivement.

MISSIONS

Article 6 : La radio communautaire ou associative est une radio de proximité. Elle est animée et gérée par des personnes issues du terroir où elle est implantée. Ses émissions sont, réalisées et diffusées dans les langues du terroir. Elle sensibilise, éduque et divertit la population de son bassin d’écoute.

Article 7 : La radio communautaire ou associative  fonde ses programmes sur les besoins et les aspirations de la communauté en tenant compte du cahier des charges édicté par le Conseil supérieur de la communication (CSC) et des politiques de développement.

Article 8 : La radio communautaire ou associative participe à la promotion du  développement socioéconomique et culturel de la communauté dans sa diversité.

Article 9 : La radio communautaire ou associative favorise  les  débats d’idées  sur des questions  de préoccupation communautaire dans le respect de la liberté d’expression et de la pluralité des opinions.

Article 10 : La radio communautaire ou associative contribue à la prévention  des conflits et assure la promotion d’une culture de la paix, de la tolérance et du respect de la différence. Dans ce contexte,  s’interdit la diffusion de  tout propos haineux, racistes, misogynes ou dirigés vers des minorités ou des populations marginalisées.

Article 11 : La radio communautaire ou associative  vulgarise les techniques pertinentes de protection de l’environnement et d’accroissement et de gestion des productions agro-sylvo-pastorales.

Article 12 : La radio communautaire ou associative milite pour l’égalité effective entre toutes les personnes de la communauté ou de la localité sans distinction aucune.

Article 13 : La radio communautaire ou associative sensibilise  la communauté à s’approprier les technologies de l’information et de la communication. . Elle informe et sensibilise aussi sur les divers domaines de la santé et participe aux campagnes de préventions et de soins.

Article 14 : La radio communautaire ou associative participe  à l’éducation civique des populations de son bassin d’écoute.

Article 15 : Ses journalistes, animateurs et pigistes respectent l’éthique et la déontologie journalistique et médiatique.

Article 16 : La radio communautaire ou associative  accorde une place prépondérante à la culture, au sport et à la tradition locale.

Article 17 : La radio communautaire ou associative   contribue à la protection de la  jeunesse, des femmes, des bonnes mœurs et d’une manière générale des populations en situation de marginalisation.

Article 18 : la radio communautaire  ou associative respecte les droits humains fondamentaux et les valeurs républicaines.

FONCTIONNEMENT

Article 19 : La radio communautaire ou associative  met en place des comités éditoriaux, élargis à la population, pour définir les émissions et programmes à diffuser

Article 20 : La gouvernance de la radio communautaire ou associative est démocratique et respecte les dispositions des statuts et du règlement intérieur de l’association.

Article 21 : La gestion de la radio communautaire ou associative  est transparente.

Elle remplit des missions d’intérêt général et doit donc pouvoir bénéficier d’aides et des recettes lui permettant de les mener à bien. Elle rend compte, chaque fois que nécessaire, de l’utilisation des fonds obtenus auprès des donateurs, des partenaires, des bailleurs ou de l’Etat et des Collectivités territoriales. Elle met en place des comités de gestion, ouvert aux auditeurs et auditrices du bassin d’écoute, visant à contrôler le fonctionnement de la radio.

Article 22 : La composition de la radio communautaire ou associative tient compte de la réalité plurielle et pluraliste de son bassin d’écoute, dans un esprit de solidarité  et de cohésion sociale.

Article 23 : Le fonctionnement de la radio communautaire est basé sur le bénévolat. Toutefois, elle peut recourir à du personnel salarié lorsqu’elle dispose des moyens financiers pour le rémunérer.

COOPERATION

Article 24 : Pour manifester leur solidarité entre elles, les radios communautaires créent des organismes régionaux et une Coordination nationale.

 Article 25 : La Coordination nationale des radios communautaires du Niger (CN-RACOM) représente en tous lieux et circonstances les radios communautaires qui adhèrent à la présente charte.

Article 26 : La CN-RACOM est chargée entre autres de négocier les droits et les avantages dont bénéficient les radios en termes de fonds d’appui et d’exonérations fiscales.

Article 27 : La CN-RACOM peut solliciter l’appui des partenaires pour le renforcement des capacités radios en matière de contenu des programmes, des moyens techniques et de gestion.

DIPOSITIONS FINALES

Article 28 : La présente charte est valable pour toutes les radios communautaires du pays. Elle doit être portée à la connaissance de toutes celles et tous ceux qui collaborent à l’une d’entre elles, employés, administrateurs, animateurs ou autres. Elle concerne aussi les partenaires, les ONG, les bailleurs et les autorités de tutelle.

Article 29 : La présente charte entre en vigueur dès sa signature par les parties prenantes.

Les radios communautaires au Niger : unité au tour de la CN-RACOM

Créer en 2007 par l’arrêté n° 110/MI/D/DGAPJ/DLP du 04 Mai 2007, la CN-RACOM est l’organisation faitière des radios communautaires qui œuvre pour la promotion et la pérennisation des actions de ses membres. L’existence de cette structure s’est imposée pour l’harmonisation des actions des radios.

Situé en Afrique de l’ouest avec une superficie de 1 267 000 Km2, le Niger compte environ 20 000 000 d’habitants en 2016. Comme les autres pays sahéliens, le Niger a une culture basée en grande partie sur la tradition orale. Cette réalité perdure dans le temps puisque plus de 67% de la population est analphabète. Le désir de s’informer à pousser les communautés nigériennes à aller vers les bailleurs de fonds pour disposer chacune de sa propre radio. La radio de Bankilaré fut la première à être installée par le PNUD en 1999.

Cette dynamique a accentué la prolifération des radios communautaires. Ainsi, en 2017, un répertoire des radios communautaires est élaboré par le CSC (Conseil supérieur de la communication) et la CN-RACOM grâce à un financement du PNUD. Ce travail de recherche a permis d’identifier 184 radios communautaires au Niger. Ces dernières participent au développement de leurs communautés respectives à travers un programme adapté à leur auditoire. Elles produisent des émissions de sensibilisation, d’information et d’éducation. Par exemple au niveau de la santé, les radios s’attaquent aux problèmes de la non fréquentation des femmes dans les formations sanitaires, les maladies tropicales négligées, le paludisme et la poliomyélite. Sur le plan de l’éducation, les radios proposent des émissions sur la scolarisation des filles, l’alphabétisation et le planning familiale. En ce qui concerne l’agriculture, on note des émissions sur l’utilisation responsable des engrais et pesticides, la promotion des bonnes pratiques agricoles et la diffusion des informations météorologiques.

Ces programmes démontrent l’importance de la radio pour les communautés. Malheureusement, les radios communautaires font face à de nombreuses difficultés. Le personnel est bénévole, très peu formé et surtout pas souvent outillé pour produire des émissions de qualité. A cela s’ajoute le manque de moyen pour l’acquisition et le renouvellement du matériel. La précarité financière des agents des radios occasionne des départs ou des abandons pour d’autres activités plus lucratives qui crée un vide dans l’exécution des programmes. Face à toutes ces difficultés, les acteurs de ces médias de proximités ont jugé utile de s’unir pour mieux palier aux problèmes qu’ils rencontrent au quotidien. C’est la raison qui motive l’existence et le combat de la CN-RACOM.

La CN-RACOM initie plusieurs activités visant à rendre les radios plus professionnelles. Elle a déjà exécuté un programme visant à mieux équiper 34 radios communautaires. Celles-ci ont bénéficié d’une réhabilitation partielle ou totale. Les dons aux radios étaient composés de dipôles, d’émetteurs, de tables de mixages, de panneaux solaires et de batterie pour le stockage d’énergie. Plusieurs projets de formation ont été aussi conduits par la CN-RACOM. Les responsables des radios invitent la CN-RACOM à ne pas s’arrêter en si bon chemin et invitent leur coordination à se pencher sur les problèmes assez urgents qu’ils mettent ici en lumière.

 

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